29 May
29May

Le développement du télétravail international soulève aujourd’hui des questions fiscales importantes pour les multinationales, les groupes africains ainsi que les travailleurs mobiles. Dans un récent article publié par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), l’organisation rappelle qu’un salarié travaillant depuis un autre pays ne crée pas automatiquement un établissement stable (« Permanent Establishment ») pour son employeur. Que dit l’OCDE ? Selon l’OCDE, le domicile privé d’un employé situé dans un autre pays ne constitue pas automatiquement une présence taxable de l’entreprise étrangère. Le risque fiscal dépend principalement de plusieurs facteurs : 

  • La fréquence et la durée du télétravail depuis le pays étranger ;
  • La nécessité commerciale ou non pour l’entreprise d’exercer l’activité depuis ce pays ;
  • Les fonctions réellement exercées par le salarié ;
  • Le pouvoir éventuel du salarié de négocier ou conclure des contrats au nom de l’entreprise.

 L’OCDE précise également que le fait qu’un salarié travaille moins de 50 % de son temps depuis le pays étranger réduit généralement le risque de création d’un établissement stable. Quels sont les principaux risques fiscaux ? Même si le télétravail transfrontalier paraît simple sur le plan opérationnel, il peut entraîner plusieurs conséquences fiscales : 1. Risque d’établissement stable L’administration fiscale du pays d’accueil peut considérer que l’entreprise exerce une activité imposable localement. 2. Risque de retenue à la source et payroll Le pays de présence du salarié peut exiger : 

  • l’enregistrement de l’employeur ;
  • la retenue de l’impôt sur salaire ;
  • les cotisations sociales locales.

 3. Risque TVA et obligations déclaratives Certaines activités commerciales réalisées localement peuvent également générer des obligations TVA ou déclaratives. Impact pour les groupes africains et congolais Cette problématique devient particulièrement importante pour : 

  • les groupes télécoms ;
  • les banques ;
  • les sociétés minières ;
  • les entreprises technologiques ;
  • les groupes disposant d’équipes régionales.

 Avec la mobilité croissante des employés africains travaillant depuis Dubaï, l’Europe ou d’autres juridictions, les entreprises doivent désormais mettre en place une politique claire de télétravail international. Bonnes pratiques recommandées Les groupes internationaux devraient notamment : 

  • Mettre en place une « Remote Work Policy » ;
  • Limiter le nombre de jours de présence par pays ;
  • Interdire la signature locale de contrats sans validation ;
  • Mettre en place un suivi des jours de présence ;
  • Réaliser des analyses préalables de risque fiscal et social.

 Conclusion Le télétravail international représente une opportunité majeure pour les entreprises modernes, mais il nécessite une gestion fiscale rigoureuse. Les administrations fiscales suivent désormais de près les questions liées à la présence économique numérique et à la mobilité des employés. Les groupes africains doivent donc anticiper ces évolutions afin d’éviter des redressements fiscaux importants.


Source : Article OCDE – “Home and away: when does working remotely across borders create a taxable presence?” https://www.oecd.org/en/blogs/2026/06/home-and-away-when-does-working-remotely-across-borders-create-a-taxable-presence.html

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