
Alors que les pays africains font face à une dette croissante, à une diminution de l’aide publique au développement et à une augmentation des cas de maladies non transmissibles, la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources nationales devient de plus en plus urgente.
Les impôts sur la santé offrent une réponse importante, avec le potentiel de soutenir les objectifs de santé publique tout en générant des revenus intérieurs durables. Du 25 au 29 août 2026, l’ATAF et le Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) à Mombasa, au Kenya, a accueilli un Engagement régional sur les taxes sanitaires dans le contexte de la taxation des accises, convoqué en même temps que la sous-commission de la politique fiscale et de l’administration fiscale de la CAE. L’ATAF s’est associée à l’Organisation mondiale de la santé, au Tax Justice Network Africa, à l’Université du Cap et au Groupe de la Banque mondiale pour soutenir la discussion régionale. Cet engagement a placé la fiscalité sanitaire directement dans l’agenda d’harmonisation fiscale de l’EAC, réunissant les responsables de la politique fiscale et de l’administration à travers les États partenaires.
Les discussions ont examiné comment les approches coordonnées des taxes sanitaires et d’accise peuvent renforcer la mobilisation des recettes nationales, améliorer les résultats en santé publique et traiter l’arbitrage fiscal transfrontalier ainsi que le commerce illicite.
À l’ouverture de la réunion, le responsable de la fiscalité intérieure de l’ATAF, M. Linstrom Marangu, a souligné l’importance de la coopération régionale.« Les taxes santé représentent une opportunité unique et sous-exploitée. Pour les ministères des finances, ils fournissent une source progressive et durable de revenus intérieurs. Pour les autorités de santé publique, elles restent parmi les outils les plus efficaces disponibles pour réduire la consommation de produits nocifs et améliorer les résultats sanitaires. Si les impôts sur la santé peuvent générer des bénéfices importants pour la santé et les recettes au niveau national, la coopération régionale peut en accroître considérablement l’efficacité. Les taux d’imposition divergents et les cadres juridiques entre les juridictions voisines créent un terrain fertile pour l’arbitrage fiscal transfrontalier, la contrebande et le commerce illicite. »
Le programme a examiné la conception et l’efficacité des taxes sanitaires, en se concentrant sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. À travers un examen critique des politiques fiscales existantes dans les pays de la CAE, les participants ont exploré des questions telles que les structures fiscales, les taux, les définitions des produits et l’administration.
Ces discussions ont permis aux pays d’évaluer les forces et les limites des approches actuelles et d’identifier des domaines prioritaires de réforme afin d’améliorer l’impact sur la santé publique et le budget de ces impôts. Les discussions, soutenues par une expertise technique de l’ATAF, la Université du Cap et le Groupe de la Banque mondiale, reconnaissait que des impôts sanitaires efficaces doivent équilibrer les objectifs de santé publique, la génération de revenus et la mise en œuvre pratique. En organisant l’engagement au sein du sous-comité de la politique fiscale et de l’administration fiscale de l’EAC, le partenariat a relié les ambitions politiques larges au travail pratique de conception fiscale, d’administration et de coordination régionale.
Cette réunion démontre l’engagement de l’ATAF à travailler aux côtés des organisations régionales et des partenaires pour soutenir les pays africains dans le développement de solutions fiscales coordonnées, pratiques et durables répondant aux défis communs et aux priorités nationales.
Source : ATAF/ via TAX en RDC.